(Paris), , 1718.
In-4 manuscrit de 201 pp. à 18 lignes par page, veau brun, dos à nerfs, dos restauré (reliure de l’époque).
Très beau manuscrit établi pour la Maison de Saint-Louis de la Salpêtrière, ouverte à Paris en mai 1657 par l’édit de Louis XIV qui attribua les bâtiments du Petit-Arsenal à l’administration de l’Hôpital général, et aménagés en lieu d’assistance et de refuge pour les indigentes et infirmes, en particulier les femmes aliénées, hystériques, paralytiques et incurables. Les soeurs officières constituaient le corps administratif permanent de la Salpêtrière, « vingt-six sœurs officières commandées par une supérieure, petit groupe d’administratrices capables et puissantes dont les historiens n’ont guère fait cas » (Michel Bonduelle). Bien que créé sous l’influence de Vincent de Paul qui avait chargé Mme de Miramion (1629-1696) de recruter les premières officières, ce corps était entièrement laïque : « Mme de Miramion était appelée « supérieure » et les officières « soeur », bien qu’elles fussent laïques ». Elles portaient un costume voisin de celui des Soeurs de Charité sans en partager les vœux — ce qui explique que la Révolution les ait épargnées lorsqu’elle dispersa les congrégations. Sous l’Ancien Régime, les officières contrôlaient la vingtaine d’emplois où habitaient les pauvres, ainsi que l’infirmerie, la prison, la cuisine, la buanderie, la lingerie, l’habillement, la paneterie et les magasins de provisions. Elles géraient aussi « un réseau complexe de privilèges et de faveurs régissant l’existence journalière des pauvres ». Tout s’achetait à la Salpêtrière qui était « après tout un grand village » : un lit seul dans une petite chambre coûtait 300 livres, un marché régulier avec une vingtaine de boutiques offrait pain, fruits, saucisses, tabac, vin et eau-de-vie. « Le loyer de ces dernières boutiques valait dix fois autant que les autres : ce commerce était bien lucratif dans cet hospice de femmes » (Michel Bonduelle). Le présent règlement de 1718, vingt-six ans après les Règlements de 1692 cités par Bonduelle, constitue un document de première main sur l’organisation interne d’une institution au coeur de l’histoire de la psychiatrie en France, entre le Grand Renfermement décrit par Foucault et les réformes de Pinel. Jean Imbert, « L’Hôpital général et la Salpêtrière aux XVIIe et XVIIIe siècles » ; Michel Bonduelle, La Salpêtrière de Mazarin à Charcot ; Le régime intérieur de la Salpêtrière de Paris (1656-1791).
Réf : 42544
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