A Paris, chez Jean-Baptiste Coignard, 1700.
In-4 de (12)-44 pp., 11 planches, veau brun, dos orné à nerfs (reliure de l’époque).
Édition originale posthume, rare. Claude Perrault (Paris, 1613 – 1688), médecin de la Faculté de Paris, l’un des membres fondateurs de l’Académie royale des sciences (1666), est avant tout connu comme architecte, auteur avec Le Vau de la colonnade du Louvre, de l’Observatoire de Paris et de l’Arc de triomphe du Faubourg Saint-Antoine, et comme traducteur et théoricien de Vitruve (Dix livres d’architecture, 1673). Anatomiste réputé, il consacra une part importante de son activité scientifique à la mécanique appliquée, rédigeant ce recueil de machines dont certaines avaient été inventées pour les travaux de la colonnade du Louvre. L’ouvrage fut publié après sa mort par son frère Charles Perrault, qui en signe la préface, citation demeurée célèbre pour son éloge de la technique pratique contre le mépris des gens de Lettres : « Je sais qu’il n’y a pas beaucoup de personnes qui aient du goût pour ces sortes de choses. Le beau monde ne sait pas ce que c’est et n’en veut rien savoir. La plupart des gens de Lettres les ignorent ordinairement en proportion de leur littérature, & j’en ai vu d’une érudition si profonde qu’ils n’auraient pas distingué un marteau d’avec un maillet, ni une scie d’avec une lime, confondant tout cela sous le nom d’outils dont l’Artisan se sert dans ses ouvrages. Cependant, quelque avantage qu’on ait toujours donné aux connaissances purement spéculatives sur celles qui descendent à la pratique et à l’exécution […] Il ne laisse pas de se trouver un grand nombre de personnes très éclairées, qui prennent plaisir à voir des Machines d’une invention toute nouvelle, particulièrement lorsqu’elles passent pour produire un effet qui peut être de quelque utilité. » Les 11 planches illustrent : machines pour élever des fardeaux sans frottement ; machine permettant d’utiliser un grand tuyau à lunette immobile par le moyen d’un miroir ; nouvelle horloge à pendule fonctionnant à l’eau ; machine pour empêcher que les gros câbles des ancres ne soient facilement rompus ; moyen de faire un pont d’une longueur extraordinaire qui se lève et se baisse avec facilité. L’ouvrage décrit également une machine à calculer inventée vers 1680, capable d’additionner, soustraire et multiplier. Page de titre salie, quelques rousseurs. Bon exemplaire. Brunet, V, 246 ; Renouard, 55-2 ; Adams, S-817.
Réf : 13713
