Paris, Claude Micard, 1579.
In-16 de (7)-364-280 ff. (sign. †8, a-z8, A-Y8, Z4, AA-ZZ8, AAa-MMm8), vélin souple à rabats, vestiges de lacets (reliure de l’époque).
Précieux exemplaire provenant de la bibliothèque de Françoise-Louise de Warens, dite Madame de Warens. Note autographe sur la page de titre : a Madame de Warens. Seconde édition de la traduction de Pierre Saliat, la première avait paru en in-folio en 1556, faite sur la version latine de Lorenzo Valla et complétée par le Recueil de George Gemisthe dit Pléthon, sur l’histoire des Grecs après la mort d’Épaminondas à Mantinée. Titre orné d’un bel encadrement Renaissance et marque typographique de C. Micard à la fin du premier cahier. Françoise-Louise de la Tour du Pil, baronne de Warens (Vevey, 31 mars 1699 – Chambéry, 29 juillet 1762), née dans une famille de petite noblesse protestante vaudoise, s’établit à Annecy en 1726 après avoir rompu avec son mari et s’être convertie au catholicisme sous la protection du roi de Sardaigne, dont elle devint parfois l’agent secret. « Intime de l’évêque d’Annecy, la baronne participa à la Contre-Réforme, accompagnant la conversion et l’établissement en Savoie de gens de toutes conditions. Liée avec des beaux esprits, adepte des Lumières, elle contribua au bien public en lançant fabriques et manufactures » (Anne Noschis, Madame de Warens, éducatrice de Rousseau, espionne, femme d’affaires, libertine, 2012). Elle ouvrit sa porte au jeune Jean-Jacques Rousseau le jour des Rameaux 1728, « J’arrive enfin ; je vois Mme de Warens. Cette époque de ma vie a décidé de mon caractère » (Les Confessions, Livre II), et devint pour lui « Maman » pendant quatorze années de formation intellectuelle et sentimentale. Elle mourut dans la pauvreté à Chambéry en 1762, et Rousseau n’en apprit la nouvelle que six ans plus tard. Le présent Hérodote, « prince et premier des historiographes grecs », témoigne de la culture classique d’une femme que Rousseau décrit dans ses Confessions comme « petite de stature » avec « de beaux yeux bleus », « un teint éblouissant » et « une gorge enchanteresse », portrait partiel que la biographie récente d’Anne Noschis a largement complété et nuancé. Anne Noschis, Madame de Warens, éducatrice de Rousseau, espionne, femme d’affaires ; François Mugnier, Madame de Warens et Jean-Jacques Rousseau.
Réf : 16647



