Sans date, circa, , 1820.
In-folio, maroquin vert, plat supérieur encadré d’une large dentelle dorée avec écoinçons maçonniques, second plat décoré de même, triangle et devise de la déesse Marica Ecce fons et meta (voilà la source et le but), dentelles intérieure, tranches dorées (reliure de l’époque).
Rare document relatif au rite maçonnique des Rigides Observateurs, fondé en 1819 par sept officiers du Grand Orient de France, Renon, Borie, Caille, Delaroche, Genoux, Pagès et Vassal, dans le dessein de ramener la franc-maçonnerie à ce qu’ils considéraient comme sa simplicité et sa pureté primitives, notamment par le rétablissement du rite anglais moderne. Leur tentative de réforme demeura sans lendemain. Les premières pages du volume ont été découpées. Seule subsiste, à la fin du Livre d’or, la liste des membres composant le Vénérable Conseil des Maîtres de la Respectable Loge des Rigides Conservateurs, régulièrement constituée par le Grand Orient de France en l’année 5819 de la Vraie Lumière : quelque cinquante noms y sont consignés. Le volume prend une dimension tout à fait exceptionnelle avec l’adjonction de 43 feuillets manuscrits consacrés à l’Église chrétienne française et à ses activités entre 1843 et 1848, comptes rendus des séances du Conseil ecclésiastique et procès-verbaux signés notamment de Vollée, Quantin, Moulin et Durand. Fondée en 1830 par l’abbé Ferdinand Châtel sous le nom d’Église catholique française, puis réorganisée en 1842, cette communauté entendait proposer un christianisme rationaliste, affranchi de la hiérarchie sacerdotale et de plusieurs dogmes de l’Église catholique. Elle reconnaissait un Dieu unique et l’immortalité de l’âme, rejetait la Révélation, les miracles et les mystères surnaturels, tout en considérant Jésus comme un homme et comme « le plus sage des législateurs ». Sa morale reposait sur une lecture rationnelle de l’Évangile, la fraternité universelle et le libre exercice de la conscience. La Profession de foi de 1848, transcrite dans le manuscrit, expose les principes de cette Église : rejet de la confession auriculaire, du célibat obligatoire des ministres et de la présence réelle ; célébration du culte en langue française ; ouverture des temples à tous les hommes « quelle que soit leur religion ou leur pays » ; élection des ministres et des membres laïques du Conseil consistorial ; absence de rétribution des ministres pour les baptêmes, mariages et inhumations. Le texte proclame une religion rationaliste, démocratique et antihiérarchique, dont le but est « d’amener ici-bas le règne du Père qui est aux Cieux, en éclairant les hommes sur leurs véritables intérêts ». Spectaculaire reliure maçonnique, portant l’étiquette du libraire-papetier Binant, rue de Cléry, n° 7 à Paris. Les premiers feuillets du Livre d’or ont été supprimés ; quelques traces d’usage.
Réf : 44430
![[Franc-maçonnerie. Rigides Observateurs. Église chrétienne française. Manuscrit. Ca 1820-1848]. Rituels des Rigides Observateurs. Livre d'or.](https://bonnefoi-livres-anciens.com/wp-content/uploads/2026/05/44430_1.jpg)
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