, , 1751-1753.
Manuscrit in-4 à 28 lignes par page de (498) pp., table, veau granité, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).
Rare recueil manuscrit de dix parodies d’opéra parmi les plus représentées à la Comédie-Italienne entre 1751 et 1753, à l’époque où le couple Favart entama son règne sur le genre, avec les distributions indiquant les noms des acteurs : Justine Favart, Dehesse, Astrandi, Rochard, Carlin, Chauville, etc. Parodier l’opéra au XVIIIe siècle n’est pas l’écrire contre lui, mais participer à sa promotion en jouant le double jeu de la critique et du divertissement, les parodistes comme Fuzelier, Favart, Romagnesi ou Despréaux maniant autant l’art des vaudevilles que celui du pastiche, avec une riche culture littéraire et musicale. Dès les années 1750, Charles-Simon Favart (1710-1792) est perçu comme le maître incontesté du genre : il compose seul ou en collaboration onze parodies entre 1751 et 1762, supervisant également celles de son épouse, « écrites à plusieurs mains ». Justine Favart (1727-1772) est l’attraction de la Comédie-Italienne, les parodistes composent, à cette époque, pour ses talents. Elle se produit dans toutes les parodies créées sur ce théâtre en l’espace de dix ans. Elle impose aussi une réforme décisive du costume : « Ce fut elle qui, la première, observa le costume ; elle osa sacrifier les agréments de la figure à la vérité des caractères. Dans Bastienne, elle mit un habit de laine, tel que les villageoises le portent ; une chevelure plate, une simple croix, les bras nus et des sabots. » Des parodies comme Les Amours de Bastien et Bastienne ou Raton et Rosette furent représentées bien après la Révolution, et l’hégémonie des Favart s’étendit outre-Rhin et en province. Contient : 1. Favart (Charles-Simon). Raton en Rosette, ou la vengeance inutile. Parodie de Titon et l’aurore représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 28 mars 1753 (66 pp.). 2. Gondot (Pierre Thomas). Les Fêtes des environs de Paris. Parodie des fêtes grecques et romaines représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 4 juillet 1753 (54 pp.). 3. Renout (Jean-Julien-Constantin). Les Couronnes, ou le Berger timide. Pastorale, parodie de la feste de l’hymen ; deuxième entrée des Amours de Tempé (47 pp.). 4. Favart (Charles-Simon). Tircis et Doristhée. Pastorale, parodie d’Acis et Galatée représentée pour la première fois sur le Théâtre Italien le 4 septembre 1752 (53 pp.). 5. Favart (Charles-Simon). Les Amours de Bastien et Bastienne, parodie du Devin de village représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 4 aoust 1753 (32 pp.). 6. Favart (Charles-Simon). Les Indes dansantes, parodie des Indes galantes jouées pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 26 juillet 1751 (61 pp.). 7. Favart (Charles-Simon). Les Amours champêtres, Parodie de l’acte des Sauvages, joués pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 1751 (37 pp.). 8. Favart (Charles-Simon). Fanfale, parodie d’Homphale représenté pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le huit mars 1752 (46 pp.). 9. Gondot (Pierre Thomas). Les Bergers de qualité. Parodie de Daphnis et Chloé représenté pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 1753 (40 pp.). 10. Favart (Charles-Simon). Les Amants inquiets Parodie de Thetis et Pelée joués pour la première fois sur le Théâtre de la Comédie Italienne le 1751 (52 pp.) Manuscrit du XVIIIe siècle, d’une belle écriture, très lisible. Ex-libris manuscrit ancien à l’encre brune « Mr Teilhard de Rochecharles » (Pierre Teillard de Rochecharles ? lieutenant général du bailliage d’Andelat, auteur de La Haute-Auvergne sous l’Ancien régime). Pauline Beaucé, Parodies d’opéra au siècle des Lumières : Évolution d’un genre comique. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013.
Réf : 41030

