[Guerre franco-prussienne. Armée de Châlons. Sedan. Manuscrit]. Souvenirs de la Campagne de 1870 du 23 juillet au 14 septembre.

1873.
Cahier petit in-4 manuscrit (20,5 x 17 cm) de (1)-144-(1) pp., titre manuscrit en long « Campagne 1870-1871 (Mémoires) ».

3 500 

, , 1873.

Cahier petit in-4 manuscrit (20,5 x 17 cm) de (1)-144-(1) pp., titre manuscrit en long « Campagne 1870-1871 (Mémoires) ».

Remarquable récit inédit d’un officier du génie ayant participé à la campagne de 1870, depuis son départ de Montpellier le 23 juillet jusqu’à sa capture et son transfert à Berlin en septembre. Le manuscrit, rédigé en 1873 sous forme de mémoires à partir d’un journal tenu pendant les opérations, relate avec précision les marches, les combats et les travaux de la 6e compagnie de sapeurs du 2e régiment du génie, forte au départ de quatre officiers, 89 sapeurs à pied, huit sapeurs conducteurs, deux voitures de section et douze chevaux. Après les premiers combats dans les environs de Sarreguemines, la compagnie rejoint le camp de Châlons, où l’armée de Mac-Mahon se rassemble pour tenter de dégager Bazaine, puis gagne, par Rethel et Buzancy, la région de la Meuse. Le récit donne un aperçu très concret du rôle des sapeurs, ouverture des voies, travaux de campagne, établissement d’obstacles et reconnaissances, et de leurs conditions matérielles : « Les outils portatifs sont loin d’être commodes. Il faut trop de temps pour les sortir de l’étui, les emmancher etc. Dès la première rampe, je fis charger des outils ordinaires sur les chevaux de bât, et le travail marcha bien plus rapidement. » Le témoignage prend une intensité particulière lors de la débâcle de l’armée de Châlons. À Beaumont, le 30 août, l’auteur décrit la surprise du camp français par l’artillerie ennemie et porte un jugement particulièrement sévère sur les généraux de Failly et Goze : « Les balles, les obus sont tombés à l’improviste, par milliers sur le camp […] Les généraux de Failly et Goze ont encouru ce jour-là une terrible responsabilité et à mon avis ils doivent rendre un compte sévère de leur conduite dans la journée du 30 août 1870 ! » Il relate ensuite la retraite vers Mouzon, les combats autour de Sedan et la désorganisation progressive de l’armée : « De l’autre côté de la Meuse, à 2 kilomètres environ de Mouzon, je vois une longue ligne de batteries faisant feu sur le village ; j’estime à 100 le nombre des pièces prussiennes qui tiraient en ce moment et 12 de nos pièces seulement leur répondaient […] quelqu’un dit que l’ordre est de se diriger sur Sedan. » Le 31 août, il reçoit le commandement de 256 hommes de la réserve. Le 1er septembre, à Sedan, il assiste à l’effondrement de l’armée : « Je m’aperçois que c’est une véritable déroute qui commence. Les obus nous arrivent de trois côtés à la fois. Deux sapeurs sont blessés […] bientôt les balles se mêlent à la mitraille ». Le 2 septembre, il note : « Nous sommes prisonniers (lecture des articles de la capitulation) ». Les hommes sont conduits au camp d’Iges, puis transférés en Allemagne, le narrateur poursuivant son itinéraire de prisonnier jusqu’à Berlin, où il se trouve le 14 septembre. Le manuscrit est complété par un ensemble de documents relatifs à la vie de la compagnie : composition de la 6e compagnie au 23 juillet 1870 ; état des absents aux appels des 2 et 5 septembre ; détachement de la 13e compagnie versé à la 6e sur ordre du colonel Charton le 31 août ; état de la solde approximative de la compagnie du 21 juillet au 3 septembre ; recettes et dépenses. L’explicit reprend les vers de Casimir Delavigne dans les Messéniennes, « La Bataille de Waterloo » : « Sois maudit, ô Napoléon ! ». Manuscrit d’une très belle écriture, parfaitement lisible et sans rature, constituant un témoignage exceptionnel de première main sur la campagne de l’armée de Châlons, la surprise de Beaumont, la défaite de Sedan, la capitulation et le sort des prisonniers français.

Réf : 44265

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