[Somnambulisme magnétique. Manuscrit]. Journal d’un traitement magnétique commencé le 20 septembre 1810 et fini le 10 janvier 1811. À Paris.

Paris,
1810-1811.
Manuscrit in-4 (19 x 25 cm) de (1)-331 pp. à 23 lignes par page (1 feuillet découpé pages 143/144), demi-vélin vert à petits coins, traces d’étiquette manuscrite sur le dos (reliure de l’époque).

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Paris, , 1810-1811.

Manuscrit in-4 (19 x 25 cm) de (1)-331 pp. à 23 lignes par page (1 feuillet découpé pages 143/144), demi-vélin vert à petits coins, traces d’étiquette manuscrite sur le dos (reliure de l’époque).

Document autographe unique, complet et inédit relatant les séances quotidiennes d’un magnétiseur avec une patiente anonyme, les noms étant soigneusement biffés dans le texte, constituant l’une des rares relations manuscrites connues d’une cure complète de somnambulisme magnétique. Découvert en 1784 par Amand Marc Jacques de Chastenet, marquis de Puységur (1750-1825) lors de ses expériences avec son patient Victor Race, qui ne manifestait pas les convulsions attendues selon Mesmer, mais s’endormait au contraire dans un état de calme et de lucidité accrue, le somnambulisme magnétique constitue le principal apport de Puységur à la doctrine mesmérienne. Dans cet état, le patient était censé « voir à l’intérieur de son corps, diagnostiquer sa maladie, prédire le jour de sa guérison » et manifester des « facultés psychiques inhabituelles ». Puységur estimait que le phénomène dépendait de la volonté du magnétiseur plutôt que d’un fluide physique, positionnant ainsi le somnambulisme dans le courant psychofluidiste opposé au matérialisme de Mesmer, et que « la compassion et la bienveillance » entre thérapeute et patient étaient essentielles à l’efficacité du traitement. Le manuscrit débute le 22 septembre 1810 : « Le lendemain, à la même heure, je magnétisai Mme D. Après quelques mouvements nerveux assez forts que je calmai, elle s’endormit, se penchant en arrière sur son fauteuil. Jugeant d’après ce qu’elle m’avait dit la veille que son sommeil, sans être complètement magnétique, pouvait en avoir quelque caractère, je lui pris la main et lui dis de presser la mienne si elle m’entendait. Elle la pressa. Alors, je pris une de ses mains avec chacune des miennes, en la prévenant que j’allais la questionner par oui ou par non. » La patiente répond en pressant la main droite pour oui, la gauche pour non. Les entretiens ainsi codifiés se poursuivent quotidiennement sur trois mois — chaque séance minutieusement transcrite, avec des observations en marge formant une cure complète dont ce journal est le seul témoignage. Nicole Edelman, « De Mesmer à Puységur. Magnétisme animal et transe somnambulique, à l’origine des thérapies psychiques » ; Nicole Edelman, « L’ampleur du déploiement critique et la réception du somnambulisme magnétique (première moitié du XIXe siècle).

Réf : 40662

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