, , 1859.
3 liasses manuscrites de 35, 123 et 126 ff. (environ 15 x10 cm) reliées en 1 vol. in-8, chagrin vert, filets sur le dos et double encadrement à froid sur les plats, date et lieu en lettres dorées sur le titre (reliure de l’époque).
Journal poétique intime d’un exilé italien à Versailles, environ cinq cents quatrains en italien, rédigés au crayon sur de petits billets recto verso, composés en septembre et octobre 1859. Le contexte est celui du Risorgimento à son moment décisif. La deuxième guerre d’indépendance italienne (1859) avait vu l’armée franco-piémontaise écraser les Autrichiens à Magenta (4 juin) et Solférino (24 juin), et Napoléon III signer avec François-Joseph l’armistice de Villafranca (11 juillet), décision controversée qui laissait la Vénétie à l’Autriche et suscitait une vive déception dans les milieux patriotiques italiens. Mais la dynamique était lancée : la Lombardie venait d’être rattachée au Piémont, et les États du Centre, Toscane, Modène, Parme, Romagne, allaient voter leur annexion en mars 1860, ouvrant la voie à l’unification. C’est dans cette atmosphère d’espoir et d’attente que cet anonyme compose ses vers, loin de son pays. Le format, billets minuscules, crayon, recto verso, suggère une pratique quotidienne et intime, un journal poétique au fil des événements plutôt qu’une oeuvre destinée à être publiée. L’étiquette collée sur le volume « À François 1er, Algier, rue Saint-Honoré, Papeterie, Nouveautés » localise l’achat du papier à Paris et confirme l’ancrage parisien d’un exilé qui composait à Versailles. Témoignage manuscrit rare de la réception du Risorgimento dans les milieux de l’émigration italienne en France.
Réf : 5810
![[Risorgimento. Poésie italienne. Versailles septembre & octobre 1859]. - Bonnefoi Livres Anciens](https://bonnefoi-livres-anciens.com/wp-content/uploads/2025/08/5810_1.jpg)