[], , 1769.
In-8 de 147-(1) pp., demi-veau havane marbré, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches jaspées (reliure de l’époque).
Édition originale, la seule qui contient la longue note de bas de page (pp. 122-124) dans laquelle l’auteur défend l’abbé Baudeau et son Avis aux honnêtes gens qui veulent bien faire, qui venait d’être l’objet d’une demande d’interdiction par le Parlement de Paris, alors que Baudeau avait été appelé par le prince Massalski auprès de lui en Lituanie puis en Pologne. Le commerce des grains avait été strictement contrôlé par l’État depuis le XVIe siècle. Sa libéralisation progressive à partir de 1763-1764, favorablement accueillie par les physiocrates, entraîna une forte augmentation des prix, des famines et des révoltes, obligeant l’État à reprendre la main entre 1768 et 1770. C’est dans ce contexte de vif débat que le Parlement de Dauphiné rendit le 26 avril 1769 un Avis attribué à Louis Claude Bigot de Sainte-Croix (Paris, 1744 – Londres, 1803), futur ministre des Affaires étrangères de Louis XVI en août 1792, « une exposition magistrale de la doctrine physiocratique, d’une orthodoxie impeccable », publié d’abord dans les Éphémérides du Citoyen de Dupont de Nemours avant de paraître en volume. « L’Avis fut rendu public. L’impression produite pouvait être si forte que le Parlement de Paris s’arrangea pour faire disparaître la brochure. Le manifeste du Parlement de Dauphiné n’en émut pas moins l’opinion, et son succès rejaillit sur le parti tout entier » (Weulersse). Dupont de Nemours l’annonçait comme « un ouvrage excellent à tous égards, que nos derniers neveux baigneront encore des larmes de leur reconnaissance comme nous l’avons fait nous-mêmes en le lisant » (Éphémérides, 1769). « Cet ouvrage est devenu bientôt excessivement rare, parce que le système qu’on propose à Sa Majesté est totalement opposé à ce que les Parlements de Paris et de Rouen ont écrit sur cette matière, et que cette première Compagnie n’a pas trouvé bon qu’on répandit sous ses yeux un écrit si contraire à sa façon de penser » (Bachaumont). Joint un tableau dépliant : Prix des Grains Froments, Réduits au septier de Paris, dans les quatre principaux marchés du Dauphiné. Provenance : bibliothèque du château de La Roche-Guyon (cachet armorié) ; armes de La Rochefoucauld au dos. Einaudi, I, 2247 ; Higgs, 4642 ; Weulersse, p. 200 ; Bachaumont, Mémoires secrets, t. XIX, 1783, p. 171 ; Marguerite Leblanc, De Thomas More à Chaptal, 290.
Réf : 2899

