, , 1748.
3 tomes en 1 vol. in-8 à pagination continue de 1 frontispice gravé, (32)-122 pp. ; (2)-123-386 pp. ; (2)-387-547 pp., maroquin vert, dos lisse orné à froid, filet à froid sur les plats, tranches dorées (reliure de l’époque).
Deuxième édition publiée la même année que l’édition originale. Précieux exemplaire annoté à l’époque, restituant l’identité des pseudonymes choisis par Toussaint : Damis est l’abbé Aubourg, Lais, Mlle Gaussin de la Comédie française, Irène, reine de France élevée dans un couvent de Strasbourg, Cloé, la marquise de Pompadour, Cléon, feu le duc d’Orléans, Rosine, la duchesse du Maine, etc. Fernand Drujon, dans sa Bibliographie des livres à clefs, signale : « Il paraît que quelques contemporains essayèrent de lever les masques ; mais à moins de trouver un exemplaire annoté, nous ignorerons sans doute toujours qui étaient : Orgaste, Polydamas, Lysippe, Léonore, etc ». L’épitre dédicatoire est signé Panage, qui est la traduction de Toussaint en grec. « Les Moeurs, ouvrage qui parut sous le nom de Panage, en 1748, à Amsterdam, était accompagné d’une simple dédicace à Madame A.T.***. Il fut jugé par la Cour du Parlement de Paris comme « contraire aux bonnes moeurs, scandaleux, impie et blasphématoire » car « le but qu’on s’y propose est d’établir la Religion naturelle sur les ruines de tout culte extérieur et d’affranchir l’homme des lois divines et humaines, pour les soumettre uniquement à ses propres lumières ». Cette censure sévère eut pour conséquence de rendre le livre extrêmement populaire : « Je suis enfin parvenu à avoir le livre des Moeurs que l’arrêt du 6 mai a rendu bien rare et très cher », écrit Barbier. « Il faut dire que peu de personnes avaient songé à ce livre, au lieu qu’il n’y a personne à présent, dans un certain monde, hommes et femmes se piquant de quelque esprit qui n’ait voulu le voir. Chacun se demande : Avez-vous lu les Moeurs ? Un seul exemplaire passe rapidement dans cinquante mains » (t. III, p. 34) » (Dictionnaire des journalistes, 776). Toussaint est un avocat parisien qui en 1744, se consacre entièrement à l’activité littéraire. Outre la publication des Moeurs, il participe à la mise en oeuvre des premiers volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et il dirige aussi deux revues prestigieuses, le Journal étranger et les Observations périodiques sur la Physique, l’Histoire Naturelle, & les Beaux Arts. En 1764, il fut appelé à Berlin par Frédéric II pour être intégré dans l’Académie des Nobles et l’Académie des Sciences. À partir de ce moment-là, Toussaint devient également l’un des principaux médiateurs entre les littératures allemande et française, menant d’abord à terme la traduction en prose des fables de Gellert et n’entamant qu’ensuite la version des premiers chapitres de l’Histoire de l’art de Winckelmann. Frontispice gravé en regard du titre, vignette gravée en tête de chaque partie, fleuron répété sur chaque titre. Bel exemplaire. Cohen – De Ricci, 995 ; Drujon, Les Livres à clefs, 646 ; Brunet III, 1788 ; Barbier III, 322 ; Françoise Weill, Livres interdits, Livres persécutés, 554.
Réf : 39757

