A Paris, chez Madame Marchant ; au Bureau de l’Administration, 1814-1815.
7 vol. in-8. Censeur européen (le), ou Examen de diverses questions de droit public, et de divers ouvrages littéraires et scientifiques, considérés dans leurs rapports avec les progrès de la civilisation. A Paris, au Bureau de l’Administration, 1817-1819. 12 vol. in-8. Ensemble 19 vol. in-8, cartonnage beige, pièces de titre et tomaison, entièrement non rogné (reliure de l’époque).
Collection complète des deux seuls journaux véritablement indépendants de cette période. Les onze livraisons du Bulletin du Censeur publiés entre le 1er juillet et le 30 septembre 1814, signés D.R. (Dunoyer) sont reliées dans le premier volume. Journal fondé par Charles Comte, le 12 juin 1814, trois jours après la promulgation de la Charte. Cette feuille, restée célèbre, paraissant par petits cahiers mensuels, fit usage de cette liberté de publication que la loi lui laissait, en exposant les besoins, en propageant ses idées, en contredisant le gouvernement, en formant l’opinion publique. La censure ayant été rétablie pour tous les écrits composés de moins de deux feuilles, le journal parut sous la forme d’un volume. Grâce au courage de Comte et Dunoyer, il était resté seul, pendant plusieurs mois, en possession de la liberté de la presse. Ses discussions furent utiles à l’éducation constitutionnelle du pays. Après la publication de l’écrit de Comte intitulé : De l’Impossibilité d’établir une monarchie constitutionnelle sous un chef militaire, et particulièrement sous Napoléon, écrit foudroyant lancé contre l’Empereur pendant qu’il revenait de l’île d’Elbe, le Censeur fut accusé par la Quotidienne d’avoir favorisé ce retour parce qu’il l’avait prévu. A la suite du procès qui en suivit, Fouché chercha à entraver sa publication et fit saisir le cinquième volume du Censeur, dans lequel les actes de l’Empire rétabli étaient discuté comme l’avaient été ceux de la Restauration. Après le second retour des Bourbons, le Censeur poursuivit sa publication et critiqua le gouvernement sur plusieurs mesures illégales. Fouché, toujours ministre de la police, fit saisir et confisquer le septième volume du Censeur au nombre de 4500 exemplaires, avant que l’impression fut terminée. Cette fois le volume ne fut pas rendu. La liberté de la presse ayant été supprimée, la liberté individuelle suspendue, le Censeur cessa de paraître tant que dura cette période qu’on appela la Terreur blanche. Le journal disparut et ses auteurs durent attendre 1817 pour fonder le Censeur européen. Son programme s’était agrandi et un peu modifié : c’était un système complet que l’on présentait aux lecteurs. Tourner vers l’industrie, donner à la société le travail pour guide, la loi économique pour règle, le bien-être général comme objectif, soutenir les intérêts universels des hommes, tel fut le système qui avait pour base la souveraineté de l’industrie, à l’image de ce qu’allait devenir le XIXe siècle. L’application de cette théorie devait établir la paix universelle. Le Censeur européen demanda qu’on supprima les armées et qu’on changea les casernes en manufactures. Ainsi le Censeur européen en répandant ces idées nouvelles facilita les progrès de la classe moyenne et prépara son avènement aux affaires. Coupable d’avoir reproduit, avec une réfutation, le Manuscrit de Sainte-Hélène, le journal fut impliqué dans une procédure correctionnelle ; les rédacteurs furent incarcérés et condamnés, le journal cessa de paraître. Hatin, 317. Très bon exemplaire. Les pages 353 à 410 du tome VII sont manuscrites.
Réf : 42656


