[JURIEU (Pierre)].

Les Soupirs de la France esclave, qui aspire après la liberté.

1690 [1689-1690].
15 livraisons reliées en 1 vol. in-4 de 228 pp., vélin dur, titre manuscrit sur le dos (reliure de l’époque).

4 500 

, , 1690 [1689-1690].

15 livraisons reliées en 1 vol. in-4 de 228 pp., vélin dur, titre manuscrit sur le dos (reliure de l’époque).

Exemplaire mixte de l’édition originale, comptant le même nombre de pages, neuf livraisons du premier tirage (livraisons 4, 5, 8, 10 11, 12 , 13, 14 et 15) et six de l’édition datée 1690 en 228 pp. (livraisons 1, 2, 3, 6, 7, 9). Célèbre recueil de quinze mémoires contestataires publiés à Amsterdam du 1er septembre 1689 au 1er mai 1690. Cet ouvrage, donné par livraisons, critique en termes vifs la monarchie absolue de Louis XIV. Il est traditionnellement attribué au théologien et controversiste protestant Pierre Jurieu (1637-1713) ; aujourd’hui on préfère pourtant l’attribution à Michel Le Vassor (cf. E. Kappler qui classe cet ouvrage dans les oeuvres faussement attribuées à Jurieu). Par son caractère contestataire, cette publication fut naturellement l’objet d’une surveillance spéciale de la police de Louis XIV. On détruisit avec le plus grand soin tous les exemplaires sur lesquels on put mettre la main, ce qui fit des Soupirs de la France esclave un livre rare au XVIIIe siècle. « Il s’agit, en somme, d’un réquisitoire contre l’absolutisme auquel l’écrivain oppose le droit des peuples » (Bourgeois et André), ce qui fait de ce dernier un précurseur de la démocratie. Dans les Mélanges tirées d’une petite bibliothèque (1829), Charles Nodier concluait : « Ce qu’il faut reconnaître dans l’auteur ou les auteurs des Soupirs de la France esclave, c’est un zèle passionné pour les libertés et les intérêts du pays, et une connaissance très approfondie de ses titres, de ses lois et son histoire. Je doute qu’il existe un livre qui contienne plus de matériaux importants pour les discussions parlementaires d’un État constitutionnel ». Bel exemplaire, très pur. L’achevé d’imprimer du cinquième mémoire est daté 1689. Provenance : ex-libris manuscrit Tho. Corbett 1713 : Thomas Corbett (16.. – 1751) fut secrétaire de l’amiral George Byng (1663-1733) qui conquit Gibraltar et la Sicile pour le compte de la Couronne britannique ; ex-libris gravé armorié fin XIXe « William Corbett » qui porte la devise Deus pascit corvos. Émile Kappler, Bibliographie critique de l’oeuvre imprimée de Pierre Jurieu, XXXVI – I et VI (p. 425) ; Bourgeois et André, XIV, 3084 ; Barbier, IV, 537-39 ; INED, 2389.

Réf : 41087

Thème

Histoire, Religions

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